EN DIRECT. Macron annonce de très fortes restrictions de déplacements pour 15 jours

Emmanuel Macron a annoncé également le report du second tour des élections municipales, prévu dimanche prochain. 

 

  • Emmanuel Macron s'est exprimé depuis l'Élysée, pour la seconde fois depuis jeudi. Le chef de l'État a annoncé des "déplacements fortement réduits pour 15 jours au moins" pour "limiter au maximum les contacts" et lutter contre l'expansion du coronavirus en France. 

 

  • Le président de la République a aussi annoncé le report du second tour des élections municipales, prévu dimanche prochain, après avoir consulté les présidents des deux assemblées et ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Les frontières à l'entrée de l'UE et de Schengen seront fermées dès mardi midi, a aussi déclaré Emmanuel Macron. 

 

  • Selon un décompte publié lundi soir par Santé Publique France, les contaminations au coronavirus ont marqué une nouvelle progression de 1210 cas et 21 décès en 24 heures, portant le total respectivement à 148 décès et 6633 cas depuis le début de l'épidémie en France. Lire la suite

L’asexualité, une orientation sexuelle souvent prise à tort pour une maladie

À ne pas confondre avec l’abstinence, l’asexualité est le fait de ne pas ressentir le besoin d’avoir des relations sexuelles.

 

Tout le monde ne court pas après une sexualité épanouie. Certaines personnes vont même jusqu’à refuser tout rapport. Parmi elles figurent les abstinents volontaires, pour des raisons personnelles, par choix. C’est le cas des prêtres. Pour ne pas faillir à leur vœu de chasteté, ils élaborent des stratégies et un mode de vie pour ne pas céder à la tentation, intellectuellement et pratiquement.

Le choix de ne pas passer à l’acte

Pour d’autres, ce n’est pas un choix, mais une tendance inscrite dans la personnalité. Certains hommes et femmes n’ont, pour ainsi dire, aucun désir, aucune envie de relations sexuelles ni de masturbation. On les appelle des asexuels: une orientation claire, le plus souvent revendiquée.

«On ne choisit pas son asexualité, pas plus qu’on ne choisit son homosexualité. Il y a probablement des signaux d’ordre hormonaux qui agissent, et peut-être des événements pendant la vie embryonnaire, ou pendant les premières années de vie. Personne n’a de réponse. En attendant, pour faire accepter leur différence face à l’incompréhension du plus grand nombre, les personnes asexuelles se déclarent comme telles, s’organisent en associations, militent pour leur cause», explique le Dr Pierre Desvaux, président du Syndicat national des médecins sexologues.

L’asexualité est presque une revendication identitaire, à l’image de la mouvance LGBT, sans que cela pose problème à la société. «Car l’asexualité ne dérange pas, contrairement à d’autres orientations sexuelles qui interpellent», poursuit le médecin.

 L’asexualité n’est pas pathologique

«Les asexuels disent que le sexe ne les intéresse pas, qu’ils n’ont pas d’élan, pas d’intérêt pour cela. Ces personnes ne renoncent donc à rien, contrairement aux abstinents qui se privent de quelque chose et qui peuvent éprouver du désir. Ce n’est pas non plus une absence de désir temporaire, c’est un état durable», explique Joëlle Mignot, directrice du Pôle santé sexuelle, sexologie et droits humains à l’université Paris-Diderot.

Ils ne désirent personne : que savons-nous des asexuels ?

Vie de couple

 INVISIBLES - L'asexualité se caractérise par une absence totale d'attirance sexuelle pour quiconque. Des femmes et des hommes rétifs au désir qui demeurent victimes de bien des préjugés. Deux sexologues nous éclairent.

 Une personne asexuelle ne ressent pas d’attirance sexuelle, c’est son orientation sexuelle. Une pratique méconnue, hâtivement assimilée de l'extérieur à un "choix de vie comme l’abstinence", à un "trouble de la sexualité comme l'anorgasmie" ou encore à une "pathologie". Rien à voir, pourtant... Premier grand préjugé : cet amalgame redoutable voulant que "asexuel" rime avec "asexué". Une confusion que déplore le sexologue Patrick Papazian, sollicité par LCI : "Un être asexué n’a pas d’organes génitaux. Un asexuel, lui, a les organes génitaux et peut parfaitement avoir des rapports sexuels, il peut être homo, hétéro, bisexuel ou peu importe... il peut éprouver des sentiments amoureux mais ne veut tout simplement pas de sexualité génitale".

Élargir sa compréhension de la sexualité

 

Lorsqu'on se questionne sur la définition d'asexualité, l’Association pour la visibilité asexuelle nous propose cette définition: «une personne asexuelle ne ressent pas d’attirance sexuelle». Cela dit, lorsqu’on fouille, on découvre que l’asexualité est un sujet beaucoup plus complexe et riche que ne l’indique cette définition. Entretien avec la sexologue et psychothérapeute Joannie Gauthier de même qu’avec Maude*, une jeune femme asexuelle, pour mieux comprendre ces gens qui choisissent parfois de mettre le sexe de côté.


Questionnée sur la définition de l’asexualité, la sexologue Joannie Gauthier croit également qu’une mauvaise compréhension ou une compréhension limitée de la sexualité peut modeler notre interprétation de ce qu’est l’asexualité. «Par exemple, on peut avoir une sexualité qui n’inclut pas de pénétrations, même si la société définit la pénétration comme nécessaire à la définition de la sexualité. Embrasser quelqu’un fait partie de la vie sexuelle.» Ainsi, en réévaluant notre définition de ce qu’est la sexualité, notre perception de l’asexualité sera elle aussi amenée à changer.

 

Être asexuel(le)

Dans un autre ordre d’idées, il y a ceux et celles qui choisissent de ne pas avoir de relations sexuelles parce qu’ils n’y voient pas l’intérêt et qu’ils n’ont pas d’attirance sexuelle envers qui que ce soit. «Ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas envie d’avoir une relation de proximité avec quelqu’un», précise madame Gauthier. C’est le cas de Maude, une jeune femme asexuelle dans la vingtaine.

À l’adolescence, Maude vit ses premières expériences sexuelles, «comme tout le monde», plutôt par curiosité que par envie. «C’était de mon plein gré, mais ce n’était pas moi qui prenais les initiatives», se souvient-elle.

Comment vivre son asexualité dans un monde hétéronormatif

SEXUALITÉ - Presque constamment, tous les jours, quelque chose me rappelle que je suis anormale, et que je n'ai pas ma place dans ce monde.

 

L'hétéronormativité part du principe que, dans notre culture, l'hétérosexualité est la norme et que tout individu qui en dévie - parce qu'il est homosexuel, asexuel, etc. - est mis, par définition, en minorité. Tous les jours, des personnes qui ne se sentent pas hétéronormatives sont contraintes de vivre dans une culture à laquelle ils n'appartiennent pas mais qui leur est aussi de plus en plus imposée. Croyez-en une asexuelle (une "as") : refuser de se conformer à l'hétéronormativité d'une société obnubilée par le sexe est un réel facteur d'isolation.
A la télé ou au cinéma - et notamment dans les scènes très crues de la chaîne HBO ou les intrigues tournant exclusivement autour de la possibilité de sortir avec une personne du sexe opposé -, et même au supermarché, quand vous tombez sur la couverture de Cosmo annonçant fièrement "101 trucs pour combler votre homme sous la couette" ou de Sport Illustrated sur "les mannequins pour maillots de bains les plus sexy", le sexe est partout.Mais l'aliénation que nous éprouvons au contact de nos amis et de notre famille rivalise avec celle que véhiculent les médias.
Même mes amis gays parlent de leurs relations sexuelles, et leur mur Facebook est plein d'images et de statuts en rapport avec le mariage, les fiançailles, les naissances et les premiers rendez-vous. Quand je sors avec des ami(e)s, il y en a toujours un(e) pour faire des remarques sur le charme des personnes que nous croisons dans la rue. Presque constamment, tous les jours, quelque chose me rappelle que je suis anormale, et que je n'ai pas ma place dans ce monde. 
Ceux pour qui la question de la normativité ne se pose pas auront peut-être du mal à comprendre cela. 

 

Ils ont une vie plus ou moins épanouie, et ils connaissent quelques personnes qui ne sont ni hétéro, ni sexuelles, ni cisexuelles, mais ils n'ont pas vraiment conscience de l'impact que cette situation a sur elles. Pour eux, ces personnes sont l'exception à la règle. D'ailleurs, ils ne voient même pas cela comme une règle mais comme quelque chose qui relève de la normalité. C'est la vie. C'est leur vie.

A titre de comparaison, pensez à n'importe quel événement sportif d'envergure auquel vous ne participez pas : la Coupe du monde, Wimbledon ou les Jeux olympiques. Souvenez-vous du budget publicitaire qui lui est consacré - où que vous tourniez la tête, des magasins vous vendent des articles en rapport avec cette manifestation sportive, comme des T-shirts, des casquettes et des accessoires ridicules. Les supermarchés organisent des promotions sur cette thématique, et vous ne pouvez pas allumer la télé cinq minutes sans voir une pub mettant en scène un sportif de haut niveau, ou une quantité invraisemblable de bandes-annonces pour la compétition elle-même.
Toutes les grandes enseignes s'y mettent, avec des affiches gigantesques pour des boissons énergisantes ou des chaussures de sport. Il est même impossible d'aller faire ses courses sans entendre des conversations sur le sujet, et vous devez faire attention de ne pas vous prendre un panneau représentant un sportif grandeur nature ! Si vous travaillez dans un bureau, il y a toujours au moins une cagnotte, les gens n'arrêtent pas d'en parler, et votre collègue insupportable couvre son espace de travail de figurines et de fanions aux couleurs de son équipe préférée. Sans oublier la demi-douzaine de voisins qui proposent de regarder les matches à plusieurs, et un million d'annonces sur les réseaux sociaux qui soutiennent une équipe ou démolissent l'équipe adverse.
La plupart des journaux et des magazines en font leurs choux gras, les athlètes font soudain l'objet de documentaires, et le line-up des talk shows n'est soudain composé que de sportifs de haut niveau.Je pense que vous voyez à présent ce dont je parle et, lors de la prochaine Coupe du monde ou des prochains Jeux, vous vous souviendrez probablement de l'agacement que ces manifestations vous inspirent, et combien vous aimeriez que les gens la ferment un peu, faute de quoi vous vous réfugierez dans un container insonorisé et sans lumière, rien que pour leur échapper. Voilà ce que c'est que de vivre dans une culture aliénante. Le pire, c'est qu'en tant qu'asexuelle, ceci ne m'arrive pas une fois par an, ou tous les quatre ans, mais tous... les... jours.
Je n'en veux à personne de se conformer à l'idéal de la vie à deux. 

 

Je suis consciente des nécessités biologiques, et je sais que les raisons de ce phénomène hétéronormatif sont évidentes. Il est naturel qu'une espèce fasse tout ce qu'elle peut pour survivre et se reproduire. Dans le même temps, il est difficile pour ceux qui ne s'y conforment pas de vivre dans un monde qui leur est étranger. Surtout qu'il est impossible d'y échapper : je ne peux même pas rejoindre une communauté hippie, comme ce serait le cas faire si j'en avais marre du capitalisme, de la cupidité et des aliments transformés.

 

Même si j'apporte un soutien inconditionnel à la communauté LGBTQ, aux transexuels et à leurs alliés, qui s'efforcent chaque jour de faire reconnaître leurs droits, le combat est quelque peu différent pour les asexuels (les "as"). Nous ne demandons pas la reconnaissance de nos droits civiques, mais qu'on nous accepte dans cet océan d'hétérosexualité.L'hétéronormativité nous est imposée chaque jour par la société, ce qui nous révolte en permanence, à l'intérieur et à l'extérieur, même si nous savons pertinemment que c'est un combat perdu d'avance. La société ne changera pas, et nous non plus. Nous ne pouvons cependant nous empêcher de lutter pour préserver notre individualité, de nous distancer de cette culture à laquelle nous n'appartenons pas, et de tenter de préserver notre propre identité.
J'aimerais parfois être normale. 

 

Je ne supporte pas ce conflit, ce rappel permanent de ma "différence" (dans le meilleur des cas), ou de mon "anormalité" (dans le pire des cas). Il y a des jours, et même des périodes, où j'aimerais être hétérosexuelle, pour être comme les autres, cesser le combat, trouver ma place dans la société et ne plus avoir à me poser de questions. Mais ça ne dure jamais, parce que je sais que ce qui me dégoûterait encore plus serait de me conformer à ce que la société attend de moi.

 

Ce blog, publié à l'origine sur Le Huffington Post Etats-Unis, a été traduit de l'américain par Bamiyan Shiff.

Booking.com

David LIss parfums

Sacs de voyage en cuir Elenco.

One.com, votre hébergeur au meilleur prix

Social Vibes