Orientation romantique différente de celle sexuelle

Les personnes avec une orientation romantique différente de celle sexuelle : que peut-on comprendre concrètement ?

En matière d’attirance, il existe une grande diversité. D’ailleurs, le modèle des attirances séparées (MAS) le confirme. Cependant, nous allons ici nous focaliser uniquement sur les attirances romantiques et sexuelles. Ce qui veut simplement dire que nous allons ignorer les autres sortes d’attirances. Notons toutefois que chez une même personne, ces attirances peuvent ne pas concorder. Dans notre cas par exemple où nous mettons en avant l’attirance romantique et l’attirance sexuelle, il est possible que ces deux attirances ne concordent pas chez un même individu. On dit d’ailleurs de cette personne qu’elle est variorientée. On désigne aussi la variorentation sous plusieurs autres termes tels que « orientations croisées », « orientations incongurentes », « orientations mixtes » ou encore « attirances sexuelles et romantiques discordantes ».  À l’opposé, si les deux attirances concordaient, on qualifierait la personne chez qui cela s’est produit, de personne pariorientée.

En outre, il est important de soulever le fait que dans les discours sur l’orientation, l’on s’attarde moins sur les personnes variorientées. Elles sont pourtant nombreuses, voire au-delà de l’imagination. La question nécessite d’être abordée afin d’en apprendre plus sur ces personnes.

Les personnes variorientées sont souvent boycottées dans les discours sur l’orientation. Pourtant, elles sont beaucoup plus nombreuses que ce que l’on peut penser au premier abord et la question mérite qu’on s’y attarde !

Être lesbienne : qui peut se reconnaître ainsi (lesbianisme et non-binarité) ?

Dans le parler courant, est lesbienne une femme qui éprouve une attirance exclusive pour d’autres femmes. Cette définition n’est cependant pas totalement représentative et on note un recoupement concernant des personnes non-binaires :

  • S’identifient lesbiennes certains sujets non binaires attirés par les femmes ;
  • S’identifient lesbiennes certains sujets attirés par les femmes et des personnes non-binaires également ;

Inclure la non-binarité dans le lesbianisme est souvent sujet à caution. On fera ainsi s’opposer les différentes opinions sur la question et essayer d’aboutir à une conclusion.

 

Opinion n°1 : définition stricte de l’identité sexuelle lesbienne

Selon cette opinion, est donc lesbienne une femme ressentant une attirance exclusive pour les femmes, comme on peut le définir de façon « basique ». De cette définition, on déduit que les personnes non-binaires ne peuvent pas attirer les personnes lesbiennes, le lesbianisme étant par définition une orientation monoromantique/monosexuelle : il s’agit, contrairement à la bisexualité par exemple, d’attirance exclusive pour un seul genre. Aussi, parler ainsi de lesbianisme induit une identité uniquement féminine. [Ici, "féminisme" est utilisé pour se rapporter aux femmes, en tant qu’identité de genre, pas d’expression de genre.]

Ceux exprimant cette opinion estiment généralement qu’une attirance non restreinte aux femmes peut se définir autrement, définition qui inclurait les sujets non-binaires. Mais, pour les personnes opinant ainsi, "lesbienne" ne peut que qualifier une relation romantique/sexuelle exclusivement féminine, et il serait préjudiciable d’effacer cet aspect.

Voici des termes acceptant une attirance non restreinte aux femmes :

  • Queer pour décrire une femme non hétérosexuelle sans trop préciser l’exacte nature de ses attirances. Originellement, « queer » représentait une injure à la communauté LGBTQ+, puis a été réapproprié par les membres de cette communauté, donnant un côté engagé contre l’assimilation à l’hégémonie hétérosexuelle.
  • Saphique pour parler d’une femme attirée essentiellement, mais non exclusivement, par les femmes, incluant ainsi aussi bien les lesbiennes que les femmes bisexuelles, pansexuelles, etc. Ce terme est aussi utilisé par des personnes non binaires, puisque c’est un terme parapluie, moins polémique que lesbienne, moins politisé ou historique aussi…
  • Bi pour parler d’une femme qui est attirée par plus d’un genre, et peut ainsi décrire une femme attirée par les femmes & les personnes non-binaires, sauf les hommes. Le terme « bi » reste souvent compris comme « l’attirance pour les hommes et les femmes », ce qui pose problème pour cette perspective, quoique la communauté bi s’essaye vraiment à dévoiler sa diversité.
  • Polyromantique/Polysexuelle pour décrire une femme qui a une attirance pour plusieurs genres mais pas tous forcément, et peut ainsi s’appliquer à notre perspective (ce terme est à différencier de « polyamoureuse » pour parler d’un désir de multiples partenaires).
  • Homoflexible pour décrire une femme essentiellement attirée par d’autres femmes, et parfois par un autre genre ou des genres.
  • Féminamorique pour désigner un sujet non-binaire uniquement attiré par les femmes.
  • Il y a encore bien d’autres néologismes plus rares : Périsoromantique/périsosexuelle (sujet attiré par les personnes de son genre et celles non-binaires), vénusique (femme attirée par d’autres femmes ainsi que les personnes non-binaires en partie féminines), etc.

Quelle est la différence entre asexué et asexuel ?

S'ils parfois employés indifféremment pour désigner une absence de désir sexuel, les termes "asexué" et "asexuel" n'ont en réalité pas du tout la même signification .

Le terme "asexué" désigne avant tout une réalité biologique. On qualifie d'asexué un organisme qui se reproduit sans l'intervention d'organes sexuels, c'est à dire sans la fusion de deux gamètes de sexe différent (ni ovule, ni spermatozoïde). L'être "asexué" n'a donc pas besoin d'un individu du sexe opposé pour se reproduire. C'est notamment le cas de certaines requins et de certaines abeilles, mais absolument pas des hommes ! Il s'agit donc ici d'un abus de langage et d'une erreur fréquemment commise. Le terme asexué est employé à tort pour définir une personne asexuelle, ce qui n'est évidemment pas du tout la même chose.

Asexuel, qu'est-ce que c'est ?

L'asexualité, au même titre que l'hétérosexualité ou l'homosexualité, est une orientation sexuelle. Elle désigne une personne qui n'est pas attirée par les rapports physiques. Le sexe ne l'intéresse pas, ou très peu. Si elle peut bien évidemment avoir des relations amoureuses, il s'agit généralement d'amour platonique. Selon l'association pour la visibilité asexuelle (AVA), l'asexualité concernerait environ 1% de la population mondiale.

Il existe peu de faits scientifiques sur le sujet mais selon une étude américaine datant de 2004 (Bogaert, J Sex Res, 2004), l'asexualité pourrait avoir une explication biologique liée à l'exposition aux androgènes pendant la période prénatale. Une explication que rejettent beaucoup d'asexuels ! Ces derniers précisent que l'axesualité n'est ni un trouble psychique, ni une maladie. Il est également important de ne pas la confondre avec l'abstinence qui est une absence de sexualité choisie. Les asexuels ont quant à une vie épanouie sans sexualité, tout simplement car ils n'en éprouvent ni le besoin, ni le désir. Certains asexuels vont en revanche éprouver du plaisir grâce à la masturbation, qui est une pratique solitaire.

L’asexualité, une orientation sexuelle souvent prise à tort pour une maladie

À ne pas confondre avec l’abstinence, l’asexualité est le fait de ne pas ressentir le besoin d’avoir des relations sexuelles.

 

Tout le monde ne court pas après une sexualité épanouie. Certaines personnes vont même jusqu’à refuser tout rapport. Parmi elles figurent les abstinents volontaires, pour des raisons personnelles, par choix. C’est le cas des prêtres. Pour ne pas faillir à leur vœu de chasteté, ils élaborent des stratégies et un mode de vie pour ne pas céder à la tentation, intellectuellement et pratiquement.

Le choix de ne pas passer à l’acte

Pour d’autres, ce n’est pas un choix, mais une tendance inscrite dans la personnalité. Certains hommes et femmes n’ont, pour ainsi dire, aucun désir, aucune envie de relations sexuelles ni de masturbation. On les appelle des asexuels: une orientation claire, le plus souvent revendiquée.

«On ne choisit pas son asexualité, pas plus qu’on ne choisit son homosexualité. Il y a probablement des signaux d’ordre hormonaux qui agissent, et peut-être des événements pendant la vie embryonnaire, ou pendant les premières années de vie. Personne n’a de réponse. En attendant, pour faire accepter leur différence face à l’incompréhension du plus grand nombre, les personnes asexuelles se déclarent comme telles, s’organisent en associations, militent pour leur cause», explique le Dr Pierre Desvaux, président du Syndicat national des médecins sexologues.

L’asexualité est presque une revendication identitaire, à l’image de la mouvance LGBT, sans que cela pose problème à la société. «Car l’asexualité ne dérange pas, contrairement à d’autres orientations sexuelles qui interpellent», poursuit le médecin.

Élargir sa compréhension de la sexualité

 

Lorsqu'on se questionne sur la définition d'asexualité, l’Association pour la visibilité asexuelle nous propose cette définition: «une personne asexuelle ne ressent pas d’attirance sexuelle». Cela dit, lorsqu’on fouille, on découvre que l’asexualité est un sujet beaucoup plus complexe et riche que ne l’indique cette définition. Entretien avec la sexologue et psychothérapeute Joannie Gauthier de même qu’avec Maude*, une jeune femme asexuelle, pour mieux comprendre ces gens qui choisissent parfois de mettre le sexe de côté.


Questionnée sur la définition de l’asexualité, la sexologue Joannie Gauthier croit également qu’une mauvaise compréhension ou une compréhension limitée de la sexualité peut modeler notre interprétation de ce qu’est l’asexualité. «Par exemple, on peut avoir une sexualité qui n’inclut pas de pénétrations, même si la société définit la pénétration comme nécessaire à la définition de la sexualité. Embrasser quelqu’un fait partie de la vie sexuelle.» Ainsi, en réévaluant notre définition de ce qu’est la sexualité, notre perception de l’asexualité sera elle aussi amenée à changer.

 

Être asexuel(le)

Dans un autre ordre d’idées, il y a ceux et celles qui choisissent de ne pas avoir de relations sexuelles parce qu’ils n’y voient pas l’intérêt et qu’ils n’ont pas d’attirance sexuelle envers qui que ce soit. «Ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas envie d’avoir une relation de proximité avec quelqu’un», précise madame Gauthier. C’est le cas de Maude, une jeune femme asexuelle dans la vingtaine.

À l’adolescence, Maude vit ses premières expériences sexuelles, «comme tout le monde», plutôt par curiosité que par envie. «C’était de mon plein gré, mais ce n’était pas moi qui prenais les initiatives», se souvient-elle.


Pas comme les autres

Dès sa première relation amoureuse, elle se sent différente des autres. «Je me rendais compte que je ne prenais jamais l’initiative d’avoir des relations sexuelles. J’entendais parler les gens. Ils aimaient ça, ils couraient après le sexe. C’est correct, mais ce n’était pas mon cas. Quand j’ai laissé mon ex, j’ai été quatre ans célibataire, sans ressentir de manque. Sans courir après ça. Mes amis se demandaient comment je faisais.»

La jeune femme en vient à se questionner sur son orientation sexuelle, mais elle ne ressent pas d’attirance sexuelle ni envers les hommes ni envers les femmes.

L’asexualité, phénomène contemporain ?

En 1923, dans La disparition du complexe d’Œdipe, Freud avait conclu, à propos de l’identité sexuelle, que « l’anatomie est le destin ». Or le système discursif actuel a considérablement changé depuis, tant et si bien que les débats sur la liberté de choix qui concernent et l’orientation sexuelle et l’être sexué, se sont multipliés et diversifiés.

Notons en ce sens l’apparition d’un nouveau mouvement, celui des « asexués », désigné par la lettre « A » par les adeptes eux-mêmes, comme pour signifier la privation de leur sexuation. Comme le souligne Jean-Louis Chassaing 

[2] Chassaing Jean-Louis (2008). La position du démissionnaire...., ce mouvement né dans les années 2000 semble avoir été créé par un Américain de 23 ans, nommé David Jay. Constitués en une véritable communauté, via Internet, les asexuels forment un groupe d’origine américaine tout d’abord, puis avec une extension britannique et hollandaise. Il s’agit d’un véritable « phénomène » qui entend rassembler, au titre d’une norme et non d’un pathos, des sujets dont l’orientation sexuelle impliquerait l’absence de tout acte sexuel.

Sous-catégories

Rencontre Asexuels Chat en direct