L’asexualité, une orientation sexuelle souvent prise à tort pour une maladie

À ne pas confondre avec l’abstinence, l’asexualité est le fait de ne pas ressentir le besoin d’avoir des relations sexuelles.

 

Tout le monde ne court pas après une sexualité épanouie. Certaines personnes vont même jusqu’à refuser tout rapport. Parmi elles figurent les abstinents volontaires, pour des raisons personnelles, par choix. C’est le cas des prêtres. Pour ne pas faillir à leur vœu de chasteté, ils élaborent des stratégies et un mode de vie pour ne pas céder à la tentation, intellectuellement et pratiquement.

Le choix de ne pas passer à l’acte

Pour d’autres, ce n’est pas un choix, mais une tendance inscrite dans la personnalité. Certains hommes et femmes n’ont, pour ainsi dire, aucun désir, aucune envie de relations sexuelles ni de masturbation. On les appelle des asexuels: une orientation claire, le plus souvent revendiquée.

«On ne choisit pas son asexualité, pas plus qu’on ne choisit son homosexualité. Il y a probablement des signaux d’ordre hormonaux qui agissent, et peut-être des événements pendant la vie embryonnaire, ou pendant les premières années de vie. Personne n’a de réponse. En attendant, pour faire accepter leur différence face à l’incompréhension du plus grand nombre, les personnes asexuelles se déclarent comme telles, s’organisent en associations, militent pour leur cause», explique le Dr Pierre Desvaux, président du Syndicat national des médecins sexologues.

L’asexualité est presque une revendication identitaire, à l’image de la mouvance LGBT, sans que cela pose problème à la société. «Car l’asexualité ne dérange pas, contrairement à d’autres orientations sexuelles qui interpellent», poursuit le médecin.

 L’asexualité n’est pas pathologique

«Les asexuels disent que le sexe ne les intéresse pas, qu’ils n’ont pas d’élan, pas d’intérêt pour cela. Ces personnes ne renoncent donc à rien, contrairement aux abstinents qui se privent de quelque chose et qui peuvent éprouver du désir. Ce n’est pas non plus une absence de désir temporaire, c’est un état durable», explique Joëlle Mignot, directrice du Pôle santé sexuelle, sexologie et droits humains à l’université Paris-Diderot.

«Cela n’a rien de pathologique, renchérit Madeleine Gerardin-Toran, sexologue dans le service de médecine de la reproduction au CHU de Lyon. L’asexualité ne figure dans aucun classement des maladies psychiatriques. Ces personnes se reconnaissent simplement dans une vie sans sexualité.»

 

Mais si ce n’est en rien une maladie, cela peut néanmoins cacher un certain dégoût de la sexualité ou du corps de l’autre. «Certains asexuels sont parfaitement indifférents, mais d’autres ont une vision très négative du sexe, le considérant comme une dépendance, un vice, un biais aux relations sociales. Il y a probablement des profils de personnes très différentes, des sous-populations chez ces groupes d’asexuels, résultant de choix, d’antécédents personnels, d’états subis, etc.», estime la sexologue.

Enfin, au niveau physiologique, l’absence totale de relations renforce l’orientation asexuelle: l’organisme sait s’adapter à différentes situations. «Ainsi, des personnes qui prennent du plaisir, qui ont des orgasmes, auront envie de renouveler l’expérience, alors que celles qui ne connaissent pas ces sensations, ou s’en privent verront peu à peu leur appétit sexuel et leur désir diminuer et s’éteindre», explique Madeleine Gerardin-Toran.

Reste à préserver les relations affectives. L’asexualité concerne femmes et hommes, et il est souvent difficile pour ces personnes, dont beaucoup souhaitent vivre en couple, de trouver un conjoint qui accepte l’absence de relations sexuelles.

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